BOUQUETINS DU BARGY : HALTE AU MASSACRE

BOUQUETINS DU BARGY : HALTE AU MASSACRE

Bref rappel des étapes précédentes :

Un foyer de brucellose touchant à la fois deux enfants et deux bovins sur la commune du Grand-Bornand a été découvert en avril 2012. la contamination humaine étant consécutive à la consommation  de fromage au lait cru issue de l’exploitation.

Parallèlement à la découverte de ce foyer, la maladie a été retrouvée, courant octobre 2012 sur le massif du Bargy, affectant certains ruminants sauvages,  en particulier  le Bouquetin.

Cette espèce intégralement protégée sur le plan national et international a été réintroduite sur le massif  entre 1974 et 1976.

Face à ce problème de santé publique, le préfet de la Haute-Savoie sollicitait, en juin 2013, l’avis de la CNPN sur une mesure d’éradication totale de la population du massif du Bargy. Cette commission  rejette l’abattage massif mais préconise un tir sélectif et des mesures alternatives.

Une opération d’abattage d’envergure est décidée par les autorités préfectorales. Elle se déroule entre le 1er et le 3 octobre 2013. Le massif Bargy sera  entièrement “bouclé” par plus de 110 gendarmes. L’abattage ne devant concerner, selon les termes de l’arrété, que les animaux de 5 ans et plus. Sur ordre de la préfecture aucun prélèvement à but scientifique ne sera effectués sur les cadavres obérant ainsi lourdement les études en cours notamment à l’ANSES. Les pressions de certains élus, de la profession agricole ainsi que la crainte de trouble à l’ordre public  semblent avoir été des éléments déterminant dans la prise de décision de l’autorité préfectorale de cette opération éclaire.

A ce jour,   environ 270 animaux ont été abattus (89 femelles, 134 mâles, une vingtaine de bêtes laissés sur place plus 30 animaux prélevés lors des contrôles sanitaires de 2013).

Suite à cet abatage des questions cruciales et des zones d’ombres persistes:

  • Quelle était la population originelle de Bouquetins sur le Bargy : 300, 400, 500? Les éléments apportés par la préfet  sur l’effectif restant à abattre (l’arrêté étant valable un an) sont des plus flous.
  • Le noyau survivant (si tant est qu’il y en ait encore un en 2014) sera-t-il suffisant en nombre , en répartition des sexes, des âges et en diversité génétique pour reconstituer une population?
  • Pourquoi aucun retour sur le sexe et l’âge ni  aucune analyse sérologique n’ont été faite sur les animaux abattus; ces analyses ne présentant aucune réelle difficulté technique à mettre en place contrairement à ce que les autorités affirment?

Nous ne pouvons que déplorer une opacité intentionnelle pour ne pas remettre en cause les statistiques ayant conduit à la prise de l’arrété d’abatage d’octobre 2013 et surtout de sa justification.

L’affaire n’est pas terminée!

A l’automne les services de l’état communiquaient des informations relatives aux mesures qui seraient prises en fonction du taux de prévalence sur les animaux survivants

  • moins de 20 à 25%  aucun abattage supplémentaire, la maladie pouvant disparaitre comme au Grand Paradis
  • de 25 à 50% un abattage sanitaire des animaux malades ou séropositif sera effectué.
  • Plus de 50% un abattage total de tous les bouquetins se trouvant au Bargy sera effectué

Il est prévu que 35 animaux de 4 ans et moins soient contrôlés pour évaluer cette prévalence de l’infection. Ce taux risque d’être encore significatif car le nombre de femelles (plus infectées que les mâles) serait encore relativement important.

Aujourd’hui nous sommes face à trois scénarios possibles :
  • scénario 1 : abattage “d’une vingtaine” d’animaux de 5 ans et plus, soit disant les seuls restant à abattre selon le préfet. Nous ne pouvons qu’être septique sur l’estimation des effectifs restant.
  • scénario 2 : abattage de tous les animaux agés de 5 ans et plus, quel qu’en soit le nombre prévu par l’arrété prit en 2013 et valable jusqu’au 1er octobre prochan.
  • scénario 3 : abattage  total de tous les bouquetins présent sur le massif quelque soit leurs ages. un nouvel arrété est alors nécessaire.

Le scénario 3 pourrait être la suite logique du scénario 2 après les résultats des tests qui seront effectués sur les animaux de 4 ans et moins ce printemps.

Les enjeux sont importants et nous constatons que les pressions politiques et les lobbies (chasseurs, agriculteurs) trouvent là un bon moyen de s’attaquer aux statuts des espèces protégées, régulièrement remis en cause. Certaines fédérations de chasse militant depuis des années pour que le bouquetin perde sont statut d’espèces protégéers et deviennent chassable.

A l’approche du printemps et la montée en alpage, nous voyions ressurgir ces attaques. Un député de Haute-Savoie saisissant  dernièrement l’Académie Vétérinaire de France dans l’espoir qu’elle se prononce pour un abattage total de la population du Bargy. Heureusement, ces sages n’auraient pas suivi cet avis radical et se seraient ralliés à une orientation de démarche scientifique plutôt qu’à celle d’une injonction politique. Nous lirons avec attention cet avis lors de sa publication.

Et que penser des promesses d’une réintroduction avancée par les mêmes adeptes d’un abattage total lorsque l’on sait que le coût de l’opération faite en Chartreuse s’élève à environ 500 000 euros pour seulement une trentaine d’individus?

Nous ne pouvons accepter que des bouquetins sains soient abattus. 

Depuis plusieurs mois, des accompagnateurs en montagne, des membres d’associations dont la  Frapna et la LPO se réunissent au sein d’un « groupe bouquetins ». Lors de sa dernière réunion il a été décidé la création du collectif « Stop au massacre des bouquetins» dont l’objectif est de mobiliser pour préserver les bouquetins sains du Bargy.

Une documentation complète

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