We did it !

We did it !

Qui trop écoute la météo… reste au bistrot…

Marc l’a écoutée cette météo et a toujours réussi à lire entre les lignes… de grain ! Programmé des mois en avance il a d’abord dû faire face à la fermeture du refuge de l’Aigle (c’est pas une fermeture, c’est carrément une démolition) et donc trouver un paliatif. Ensuite c’est la météo qui faisait des siennes. Fiabilité Médiocre disait-elle à J+1. Donc autant dire qu’à plusieurs jours on ne pouvait que supposer…
La décision de partir ce vendredi était prise mercredi soir. Les conditions météo ne seraient pas négatives pour la montée au refuge de vendredi et si le temps se gâtait par la suite, on redescendrait direct. Tant pis pour Ze tour de la Meije. Tant mieux pour nous 8, la météo joua parfaitement et nous permis de vivre une belle épopée dont voici le récit…

Jour 1 : Villard d’Arêne > Refuge Adèle Planchard – D+: 1500 m

Départ : 10H14 du parking.
RAS: C’est long :o) TEmps mitigié come prévu. Gris avec quelques flocons en fin de journée
Au début il doit y avoir une solution pour ne pas monter jusqu’au refuge du Villar d’Arene et rester en bas le long du torrent (c’est ce que nous avions fait l’été dernier en montant au Pavé). Mais là on n’a pas trouvé le raccourci. Du coup une fois a la station meteo on est redescendu dans la ‘vallée’.
Le canyon de montée est la seule difficulté (hormis l’altitude). Il y avait de l’eau de font qui avait gelé sur les rochers et qui tombait comme de la glace pilée (bon pour le mojito). Fallait pas trainer lors des conversions…
Au refuge l’accueil est tout simplement généreux, comme pour la suite d’ailleurs.

Jour 2 : Refuge Adèle Planchard > Col de la Casse Déserte > Refuge du Promontoire D+ : 1300m

Départ : 7H20 du refuge. -15°C !
Les difficultés commencent… Départ du refuge à ski. Pas de difficulté jusqu’au col des Neiges qu’il faut passer crampons au pied, ski sur le sac. Décidons de garder les crampons pour attaquer le col de la Casse Déserte. La neige est dure et compacte. cela porte sans soucis. La montée et la descente des couloirs du col se fontt en crampons. Nous avons décidé ensuite de rechausser les skis, pour rapidement remettre les crampons pour passer le couloir du glacier de la Grande Ruine. Pose d’une main courante car c’est assez pentu et glacé.
Ensuite descente à ski sur neige gelée jusqu’au refuge du Chatelleret. Petite pause casse-croute avant de s’élever jusqu’au Promontoire (2H30 de montée) avec à nouveau la neige qui refait son apparition…
A ne pas manquer l’apéro du refuge avec le Ti Punch maison :o)
LE soir le gardien nous fait le point sur la situation. Nous sommes 21 à vouloir faire le tour. Il nous annonce des crevasses débonnaires en perpendiculaire sur le glacier de la Meije. Le mot débonnaire nous a fait sourire. C’est certainement pour mieux nous avertir et il a eu raison…. La météo, quant à elle, s’améliore le matin. La fenêtre météo devrait nous laisser passer…

J3 : Jour 3 : Refuge du Promontoire > Brèche de la Meije > Refuge de l’Aigle > glacier de l’Homme > Villard d’Arêne – D+: 750 m

Départ du refuge : 6h30
Les peaux resteront au fond du sac toute la journée. Dans Ski Alpinisme il y a … Alpi ;o)
La veille le gardien du refuge nous annonçait que la météo du dimanche matin était favorable pour se lancer dans cette épopée. Mais qu’il ne fallait pas tarder… Du coup réveil à 5H30.
La nuit, beaucoup de vent, un peu de neige, mais surtout moins froid que la veille.
On part en crampons direct pour ne pas maniper. Le couloir de la breiche se passe facilement. La redescente sur le glacier de la Meije se fait prudemment. Une fois sur le glacier on rechausse les skis pour aller chercher le point à 3150m et rechausser les crampons.
On arrive sur un incident : un pont de neige qui a cédé sous deux gars alors qu’ils étaient entrain de passer des skis aux crampons. Nous remarquons que la situation est sous contrôle (Secours alertés qui arrivent en hélico et pose de corps-morts pour évoluer en sécurité autour de la crevasse et discuter ‘visuellement’ avec les deux blessés). Nous on dégage rapidement pour laisser le champ libre à l’hélico. On remonte donc encordé le glacier pour finir par arriver au pied du ‘Serret du Savon’ après avoir ‘franchi’ quelques lignes de cassures dans la neige. Le vent à transporté beaucoup de neige, donc parfois on s’enfonce jusqu’à mi-cuisse dans la fraiche.
La montée du Serret du Savon se fait petit à petit comme l’oiseau fait son nid. Grand plaisir de poser pied sur le glacier du Tabuchet. toujours encordé on progresse vers feu le refuge de l’Aigle. Quelques trous visibles que l’on doit passer d’un bond. L’une de nous y a passé un genoux sans gravité. mais combien de crevasses franchies sans le savoir ?
Au pied de ce qui reste du refuge (rien), on chausse les skis. Le couloir pour atteindre le glacier de l’Homme n’est pas en condition. Donc on traverse piolet à la main depuis le haut pour poser ski sur le glacier. La descente est belle, la neige bien retravaillée. Il faut trouver sa trace parmi les séracs et crevasses… D’abord en rive gauche, puis couper le glacier vers 3245m pour chercher la rive droite et y rester jusqu’à 3035m pour retraverser à nouveau. Rester rive gauche jusqu’à la moraine. Ensuite c’est plus simple…
On arrive ski au pied au torrent de la Romanche qu’il faut traverser à pied. La flemme d’aller chercher le petit pont plus haut. C’est donc dans la bonne humeur qu’on évite de s’en mettre une dans cette eau si fraiche. Fin de la partie.

Pour conclure cette longue litanie :

  • Les Ecrins sont vraiment de la Haute Montagne ou le ski alpinisme prend toute son ampleur.
  • Les conditions météo cette saison laisse à désirer et augmentent la difficulté de ce tour.
  • On est toujours aussi bien accueilli en Oisans.
  • A refaire : assurément avec d’autres variantes.
  • Merci à Marc et à son implication pour ce superbe raid.